La Citerne sous la Soufrière : le lac de cratère que les groupes guidés ne visitent pas

La Citerne sous la Soufrière : le lac de cratère que les groupes guidés ne visitent pas

29 juillet 2026 17 min de lecture
Randonnée La Citerne sous la Soufrière : itinéraire détaillé depuis les Bains Jaunes, lac de cratère Flammarion, chiffres clés (altitude 1 155 m, durée, dénivelé), conseils météo et sécurité pour une sortie confidentielle en Guadeloupe.
La Citerne sous la Soufrière : le lac de cratère que les groupes guidés ne visitent pas

Randonnée La Citerne sous la Soufrière : lac de cratère Flammarion et itinéraires confidentiels

La Citerne sous la Soufrière : une autre façon de randonner en Guadeloupe

Sur les pentes de la Soufrière, la plupart des voyageurs suivent la foule vers le sommet sans imaginer qu’un lac de cratère dort juste à côté. La Citerne, perchée à environ 1 155 mètres d’altitude au cœur de la Basse Terre, offre pourtant une randonnée en Guadeloupe plus intime, presque secrète, où l’on sent la montagne respirer sous la terre humide. Pour un couple en quête d’authenticité, cette variante de balade sous la Soufrière devient vite un fil rouge de voyage, loin des circuits formatés.

Le volcan de la Soufrière domine le massif de la Soufrière et les Monts Caraïbes, mais La Citerne forme un relief à part, un ancien cratère occupé par le lac Flammarion. On est ici dans le Parc national de la Guadeloupe, sur un territoire classé, où chaque sentier raconte la rencontre entre eau, feu et forêt tropicale, et où la moindre vue se mérite au rythme de la marche. La Citerne est un volcan endormi avec un lac de cratère, et sa dernière éruption, datée par les volcanologues entre le IVe et le Ve siècle d’après les travaux de l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe (OVSG-IPGP) et du BRGM, laisse aujourd’hui la place à une randonnée découverte sereine, mais jamais anodine.

Le site se situe entre Gourbeyre, Saint-Claude et Capesterre-Belle-Eau, sur ce versant de la Guadeloupe que les brochures réduisent trop souvent aux Chutes du Carbet ou à la Savane à Mulets. En réalité, la Citerne trace un autre visage de la Guadeloupe randonnée, plus minéral, plus silencieux, où l’on croise davantage de brume que de groupes guidés en sorties découvertes. C’est cette discrétion qui fait son charme, et qui impose aussi de préparer sa randonnée, son itinéraire et sa sécurité avec sérieux, en consultant par exemple les cartes IGN au 1:25 000 et les bulletins de vigilance de Météo-France.

Du départ aux Bains Jaunes à la bifurcation cachée vers La Citerne

Le départ classique de cette randonnée vers La Citerne se fait aux Bains Jaunes, ces bassins d’eau tiède sulfurée posés à l’orée de la forêt tropicale. On rejoint ce point de départ par la route de la Basse Terre depuis Saint-Claude, en suivant les lacets qui montent vers la Savane à Mulets et le cœur du Parc national, jusqu’au parking terminal où la circulation est désormais strictement réglementée. Le stationnement y est limité, avec une capacité d’accueil réduite qui se remplit vite les week-ends et en haute saison, ce qui incite à arriver tôt le matin pour éviter de devoir se garer plus bas le long de la route ; les coordonnées GPS du parking des Bains Jaunes tournent autour de 16.041° N, -61.664° W.

Depuis les Bains Jaunes, le sentier principal grimpe vers la Soufrière par le Chemin des Dames, mais la clé de cette escapade vers le lac de cratère réside dans une bifurcation discrète. Après une première portion en sous-bois, un panneau modeste indique la direction de La Citerne et de la Savane à Mulets, tandis que le tracé vers le sommet file tout droit vers le cratère actif ; c’est ici que la plupart des groupes guidés continuent sans hésiter. Pour ne pas manquer cette séparation, gardez un œil attentif sur la signalétique du Parc national de la Guadeloupe, souvent réduite à quelques flèches jaunes sur les rochers moussus, et notez que la bifurcation vers La Citerne se situe approximativement vers 16.042° N, -61.661° W.

Le chemin vers La Citerne suit en partie la trace de l’Armistice, une ancienne trace forestière qui rejoint aussi la Chute du Galion par un autre versant. Cette trace Armistice, parfois boueuse, rappelle que l’on marche sur une terre vivante, traversée de sources, de coulées anciennes et de micro-cascades qui rejoignent plus bas les Chutes du Carbet et la Chute du Galion. Pour mieux comprendre les enjeux de sécurité sur ce massif de la Soufrière, y compris la question des balises de secours et des procédures d’alerte, un détour par l’analyse détaillée proposée sur les balises de secours sur la Soufrière permet de préparer sa sortie avec lucidité.

Un lac de cratère confidentiel : le Flammarion au creux de La Citerne

Au terme d’environ une heure de montée tranquille, la forêt tropicale se fait plus rase et la vue se dégage sur les crêtes du massif de la Soufrière. Le sentier se faufile entre fougères arborescentes, mousses épaisses et petites clairières où la flore d’altitude prend le relais, avec ses sphaignes spongieuses et ses arbustes tordus par le vent humide. Puis, presque sans prévenir, le rebord du cratère de La Citerne s’ouvre et laisse apparaître le lac Flammarion, une pièce d’eau sombre d’environ un demi-hectare lovée dans un cirque minéral, surface estimée à 0,5 hectare par les études géologiques IGN–BRGM.

Le contraste avec la foule du sommet de la Soufrière est saisissant, car ici les visiteurs se comptent souvent sur les doigts d’une main, même en haute saison en Guadeloupe. La surface du lac, parfois laiteuse, parfois d’un vert profond, reflète les nuages qui accrochent les Monts Caraïbes et donne à la randonnée découverte une ambiance presque nordique, loin des clichés de carte postale. Les randonneurs qui ont choisi cette alternative à l’ascension classique parlent souvent d’une impression de bout du monde, renforcée par le silence et l’absence de tout aménagement touristique visible, idéale pour la photographie de paysage ou l’observation discrète des oiseaux.

On reste pourtant dans le périmètre du Parc national, avec les mêmes règles de respect de la flore fragile et de l’eau de surface, qui ne doit pas être souillée ni utilisée pour la baignade. Les berges du cratère sont instables par endroits, et il est recommandé de rester sur le sentier principal qui fait le tour partiel de la Citerne, sans chercher à descendre au contact direct de l’eau. Pour gérer l’affluence en amont, notamment au niveau des Bains Jaunes saturés, un article dédié sur les Bains Jaunes sous pression aide à choisir son créneau de départ et à profiter de ce secteur sans la cohue.

Pourquoi La Citerne reste hors des radars des groupes guidés

Si La Citerne reste si peu fréquentée, ce n’est pas parce que la randonnée serait plus difficile que l’ascension de la Soufrière, mais plutôt parce qu’elle est moins rentable pour les opérateurs. Les agences de Guadeloupe privilégient souvent le sommet, plus spectaculaire sur le papier, plus facile à vendre dans un programme de sorties découvertes standardisées, avec une vue panoramique promise sur la Basse Terre et la mer des Caraïbes. La Citerne, elle, n’apparaît que rarement dans les brochures, et la signalétique discrète du Parc national n’incite pas les groupes à bifurquer, d’autant que la logistique de sécurité y est plus exigeante pour un encadrement commercial.

Les guides locaux qui connaissent bien le massif de la Soufrière réservent parfois cette variante à des randonneurs déjà acclimatés, en quête d’une Guadeloupe randonnée plus contemplative. On y croise des passionnés de volcanisme, des photographes attirés par la lumière changeante sur le lac de cratère, ou des couples qui ont déjà fait le sommet et cherchent une autre façon de vivre la montagne. Pour ces profils, la découverte de la Citerne trace une ligne plus intime dans le paysage, presque en symbiose avec les Caraïbes, loin des parkings saturés de la Savane à Mulets et des groupes pressés par le temps.

Cette discrétion tient aussi à l’histoire scientifique du site, étudié par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe grâce à des techniques comme la muographie, qui permet de lire la structure interne du volcan. Les chercheurs rappellent que « La Citerne culmine à 1155 mètres » et que « La Citerne est un volcan endormi avec un lac de cratère », ce qui en fait un laboratoire à ciel ouvert pour comprendre le volcanisme de la Guadeloupe. Pour le voyageur, cette dimension scientifique renforce le sentiment de marcher sur une terre sous surveillance, où chaque pas doit rester léger et chaque pause s’accompagne d’un regard sur le ciel et les fumées du sommet.

Conditions de marche, météo et alternatives quand le sommet est dans les nuages

Sur le terrain, le sentier vers La Citerne reste accessible à tout randonneur en bonne forme, mais il impose un minimum d’équipement et de vigilance. Le sol volcanique, saturé d’eau, devient rapidement glissant sous la pluie, et les racines affleurantes transforment certains passages en véritable parcours d’équilibre, surtout au retour. Chaussures de randonnée montantes, vêtements imperméables, bâtons télescopiques et protection contre le vent sont ici des alliés, pas des options, et l’on recommande de vérifier la météo la veille et le matin même avant de s’engager sur le massif.

La météo joue un rôle décisif dans la réussite de cette escapade sous la Soufrière, car les nuages accrochent souvent le sommet de la Soufrière alors que le lac de cratère reste dégagé. Quand la vue panoramique depuis le sommet est bouchée, La Citerne offre encore un paysage lisible, avec ses parois de cratère, ses nappes de brume et la texture de la flore d’altitude qui se révèle à quelques mètres seulement. C’est l’une des grandes forces de cet itinéraire, qui reste intéressant même par temps couvert, alors que beaucoup renoncent à monter au sommet dans ces conditions, surtout lorsque le vent forcit ou que l’OVSG relève une activité fumerollienne plus marquée.

En cas de mauvais temps durable, il est possible de redescendre vers les Bains Jaunes pour profiter des eaux tièdes en fin de parcours, ou de basculer vers d’autres vallées de la Basse Terre comme celles des Chutes du Carbet ou de la Chute du Galion. Ces cascades, alimentées par la même eau de pluie qui ruisselle sur le massif de la Soufrière, offrent des alternatives plus abritées, tout en restant dans l’esprit d’une randonnée découverte axée sur la nature. L’essentiel reste de garder une marge de sécurité sur les horaires, car la nuit tombe vite sur la forêt tropicale et les sentiers du Parc national de la Guadeloupe ne sont pas éclairés, ce qui impose de fixer une heure limite de demi-tour, souvent autour de 14 h en saison humide.

Enchaîner La Citerne et le sommet de la Soufrière : une journée complète sur le volcan

Pour les marcheurs aguerris, la meilleure façon de rentabiliser la montée en voiture jusqu’à Saint-Claude et aux Bains Jaunes consiste à combiner La Citerne et le sommet de la Soufrière sur une même journée. On commence alors par le lac de cratère tôt le matin, quand la forêt tropicale est encore silencieuse et que la vue sur la Basse Terre se dessine entre deux nappes de brume. Cette première boucle, d’environ deux heures aller-retour avec un dénivelé modéré, sert d’échauffement avant de repartir vers le Chemin des Dames, en gardant à l’esprit que l’effort total de la journée se rapproche d’une vraie randonnée de montagne.

De retour à la bifurcation, on rejoint le sentier principal qui grimpe vers le cratère actif de la Soufrière, en suivant les marques jaunes du Parc national. La montée devient plus raide, plus minérale, avec des passages exposés au vent et des zones où la terre fume encore, rappelant que l’on marche sur un volcan vivant, même endormi. Cette seconde partie de la journée de randonnée demande une bonne gestion de l’effort, surtout si l’on a déjà enchaîné la boucle du lac Flammarion, et il est prudent de prévoir suffisamment d’eau, de nourriture et une couche chaude pour l’attente éventuelle au sommet.

Une fois redescendu aux Bains Jaunes, la journée ne s’arrête pas forcément là pour un couple curieux de la Guadeloupe. On peut filer vers Capesterre-Belle-Eau pour une baignade en mer, ou programmer le lendemain une sortie en mer plus sauvage, par exemple une journée en catamaran vers Petite Terre décrite sur l’échappée la plus sauvage de Guadeloupe. Entre massif de la Soufrière et lagons de Petite Terre, le voyage tisse alors un équilibre rare entre eau douce, eau salée et volcans, avec La Citerne comme trait d’union discret entre ces deux univers.

Conseils d’initié : traces alternatives, acteurs locaux et éthique de la montagne

Au-delà de l’itinéraire classique par les Bains Jaunes, La Citerne se laisse aussi approcher par d’autres traces plus engagées, réservées aux randonneurs expérimentés. La trace de l’Armistice, qui remonte depuis la Chute du Galion, ou la trace des Poteaux par le sud, offrent des variantes plus longues, plus sauvages, où l’on traverse une forêt tropicale dense avant de rejoindre le cratère. Ces itinéraires exigent une excellente lecture de terrain, une carte détaillée et parfois l’accompagnement d’un guide local, surtout lorsque la brume réduit la visibilité et rend les balises plus difficiles à repérer.

Dans ce registre, certaines structures de Guadeloupe comme Symbiose Caraïbes ou des accompagnateurs indépendants basés à Saint-Claude et Capesterre-Belle-Eau proposent des sorties découvertes centrées sur la géologie, la flore et l’histoire du Parc national. On y croise parfois des passionnés comme Yoann Jaffré, qui arpentent depuis des années le massif de la Soufrière et les Monts Caraïbes, et savent raconter la montagne autrement que par la seule vue depuis le sommet. Ces approches permettent une véritable découverte de la Citerne, de ses traces secondaires et de ses liens avec les grandes cascades comme les Chutes du Carbet, tout en soutenant une économie locale attentive à la préservation des milieux.

Reste enfin la question de l’éthique, essentielle sur un site aussi fragile que La Citerne et son lac de cratère Flammarion. On ne se baigne pas dans le lac, on ne laisse aucune trace de son passage, on respecte la flore d’altitude et l’eau de surface, et l’on garde à l’esprit que ce volcan endormi reste un organisme vivant. Voyager en Guadeloupe par la randonnée, c’est accepter cette règle simple : on vient pour les paysages, mais on reste pour la manière dont on les traverse, en gardant le silence quand il le faut et en adaptant son pas à la fragilité du sol.

Chiffres clés autour de La Citerne et de la Soufrière

  • La Citerne culmine à environ 1 155 mètres d’altitude, soit un peu en dessous du sommet de la Soufrière, ce qui en fait un belvédère intermédiaire idéal pour une acclimatation progressive à l’effort.
  • Le lac de cratère Flammarion couvre près de 0,5 hectare de surface, une taille modeste qui explique son ambiance intimiste par rapport aux grands lacs de montagne plus connus.
  • La dernière éruption identifiée de La Citerne remonte au IVe ou Ve siècle, ce qui classe aujourd’hui le volcan comme endormi, mais toujours surveillé par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe et les services géologiques nationaux.
  • Le temps moyen pour l’aller-retour entre les Bains Jaunes et La Citerne tourne autour de deux heures, avec un dénivelé modéré qui reste accessible à des randonneurs occasionnels bien équipés.
  • Le Parc national de la Guadeloupe couvre plus de 20 000 hectares sur la Basse Terre, incluant le massif de la Soufrière, les Chutes du Carbet et une grande partie de la forêt tropicale humide traversée par les sentiers de randonnée.

FAQ sur La Citerne et la randonnée sous la Soufrière

Quelle est l’altitude de La Citerne ?

La Citerne culmine à 1 155 mètres, ce qui en fait un sommet secondaire du massif de la Soufrière, légèrement en dessous du point culminant de la Guadeloupe mais déjà largement au-dessus des plaines côtières de la Basse Terre.

Comment accède-t-on au lac de cratère Flammarion ?

On accède au lac Flammarion par des sentiers de randonnée spécifiques, principalement depuis les Bains Jaunes via une bifurcation signalée sur le chemin de la Soufrière, ou par des traces plus engagées comme la trace de l’Armistice en passant près de la Chute du Galion.

La Citerne est-elle encore un volcan actif ?

La Citerne est considérée comme un volcan endormi, sa dernière éruption remontant au IVe ou Ve siècle, et elle fait l’objet d’une surveillance scientifique régulière par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe.

Peut-on se baigner dans le lac de cratère de La Citerne ?

La baignade dans le lac Flammarion n’est pas recommandée, à la fois pour des raisons de sécurité liées aux berges instables et pour des raisons écologiques, car il s’agit d’un milieu fragile intégré au Parc national de la Guadeloupe.

La randonnée vers La Citerne est-elle adaptée à des débutants ?

La randonnée aller-retour depuis les Bains Jaunes reste accessible à des débutants en bonne condition physique, à condition d’être correctement équipés pour un terrain glissant et une météo changeante, et de respecter les consignes de sécurité affichées sur place.